lundi 3 avril 2220

Bienvenue sur le blog de l'association ROSA.

Au fil des articles, vous pourrez découvrir l'histoire des orgues de Saint Affrique, ainsi que l'évolution des projets en cours pour leur rendre leur éclat.

 

Vous pourrez trouver ici l'exposé du projet du grand orgue :
Le projet d'installation à Saint Affrique : les origines 

 

Et les détails plus techniques pour les amateurs :

Projet d'installation à Saint Affrique : détails techniques

 

Vous pouvez faire un don pour le projet (défiscalisé) en vous adressant directement à l'association, ou via le site de la Fondation du Patrimoine :

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/orgue-de-l-eglise-de-saint-affrique 

 Pour ceux qui ne sont pas familiers avec cet instrument et sa technologie, mais qui voudraient en savoir plus, voilà une page très bien faite qui répond simplement à beaucoup de questions :
http://decouverte.orgue.free.fr/generiques/candide.htm

Et une petite vidéo de présentation et d'explication de l'orgue de l'auditorium de Radio France : https://youtu.be/TvrxApD5mkA

Bonne lecture !





samedi 18 juin 2022

Les travaux avancent (6)

 

Le chantier a bien avancé pendant le printemps. La plupart de ces travaux sont peu démonstratifs et très longs à réaliser. Ingrats, en un mot. Mais fondamentaux au bon fonctionnement de l'instrument. Les bénévoles ne comptent pas leurs heures, mais ne peuvent pas tout faire eux-même, nous devons employer les facteurs d'orgues pour les points critiques, comme on le verra dans ce billet. De plus, le matériel spécialisé qui doit être employé, les bois de qualité etc. ont un coût certain. Si vous le souhaitez, vous pouvez aider ce projet en faisant un don directement ou via la Fondation du Patrimoine (don défiscalisable à hauteur de 66% pour les particuliers, 60% pour les entreprises).

Pour faire un don via la Fondation du Patrimoine

Les principaux systèmes de contrôle des notes ont été câblés et “tubés” dans l’instrument. 


Tubage du système pneumatique du Swell
côté sommier.
Tubes collés sur leur barrette et prêts
à être fixés sur le relais électropneumatique.
Tubage du système pneumatique du Swell
côté relais électropneumatique


 Relais électropneumatique du Swell
tubé et câblé, à sa place définitive.

Chaque note a un fil entrant qu'il faut souder et un tube sortant qu'il faut couper à la bonne longueur et coller, après vérification. Il y a plus de 300 notes à réaliser, en tout !

Les soupapes d'échappement de ce relais étaient complètement mitées, et ont dû être remplacées avec de nouvelles rondelles de feutre rouge et de peau de mouton.

Rondelles mitées et une rondelle neuve
installée pour tester.

Installation des rondelles neuves

Les tirages de jeux sont également électropneumatiques et doivent être retubés et recâblés de la même façon.

Machine pneumatique du tirage des jeux du Great
une fois tubée

Machine pneumatique du tirage des jeux du Swell (en haut)
et relais électropneumatique des jeux (en bas)


La soufflerie a été insonorisée et le système d’alimentation en air a été pour l’essentiel terminé, notamment avec la modification et l’installation du réservoir du Choir, et les portes-vent qui alimentent les grands tuyaux de basses. 

Modification de la boîte à rideau du réservoir du Choir
(avant peinture)

Nouvelle position du réservoir du Choir

Tubage et pose du porte-vent d'alimentation des
basses du Double Open Diapason 16 du Great.

Double Open Diapason 16 alimenté par un nouveau porte-vent
(remplace un porte-vent en zinc, trop court pour le nouvel emplacement)

De ce fait, l’Open Diapason 16, les immenses tuyaux de bois qui se jouent au pédalier, et les basses du Double Open Diapason 16 peuvent à présent être joués à l’aide d’un clavier temporaire adapté pour l’occasion. 

Recâblage du clavier temporaire (61 notes)

Les sommiers ont tous été équipés de rondelles de feutre de type "Liegelind", qui permettront de maintenir une bonne étanchéité malgré les mouvements du bois suivant les variations d’hygrométrie au long de l’année.  

Rondelles de feutre blanc collées autour de
chaque trou des sommiers (ici Swell et Great)

Rondelles de Liegelind collées sur une chape

Suite à cet énorme travail des bénévoles (il y a plus de 4000 rondelles au total, et celles-ci doivent être collées à la colle à chaud, pas question de colles synthétiques modernes !), le facteur d’orgues a pu venir et commencer à installer les chapes (on parle de faire l’enchapage), sur lesquelles les pieds des tuyaux reposeront. C'est un travail délicat et long (et donc coûteux), mais fondamental pour s'assurer que chaque tuyau reçoive la quantité d'air optimale.

Une fois l’enchapage des sommiers terminé, le Bourdon 16 et la boîte expressive du Swell pourront être installés. Cette dernière a été modifiée pour assurer une meilleure diffusion du son des basses lorsque l’organiste l’ouvre. Ses dimensions permettent d’y loger neuf jeux, dont une Gambe 16 (à la première octave bouchée) et une première octave de Basson 16.

Parmi les prochaines étapes, notons aussi l’installation de la structure de la façade et le début des travaux sur les consoles fixe et mobile. 

Structure de façade de l'orgue en cours de démontage 1/2

Structure de façade de l'orgue en cours de démontage 2/2

Merci de soutenir le projet financièrement si vous le pouvez !

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/orgue-de-l-eglise-de-saint-affrique

 

jeudi 6 janvier 2022

Les travaux avancent (5)


 Les dernières semaines on vu progresser le chantier du grand orgue.

La Claribel Flûte (jeu en bois) du clavier de Great a été temporairement remontée pour effectuer les premiers tests sur le sommier. Les tuyaux ne sont installés que pour quelques jours, on ont donc été remontés directement depuis le stockage, sans être nettoyés et les pieds non recollés (d'où la verticalité très relative de certains).

 

Les machines pneumatiques qui tirent les registres des jeux ont été installées  au bout des sommiers, et divers conduits et portes-vent installés.

Machine de tirage des jeux du Choir

Machine de tirage des jeux du Great

Enfin, le collage des rondelles qui doivent assurer l'étanchéité entre les sommiers et les registres a commencé. Il n'en reste plus que 4000 et quelques.

Chape du Choir munie
des rondelles d'étanchéité




dimanche 12 décembre 2021

Les travaux avancent (4)

 Le rythme des travaux sur l'orgue a été un peu ralenti par l'été, mais le projet a néanmoins avancé depuis.

La boîte expressive du Choir a été terminée et mise en place. De même, celle du Swell a été montée en atelier, réparée, et repeinte. Elle n'attend plus que d'être remontée en place.

Boîte du Swell avant peinture.

Les sommiers du Great et du Swell ont été déplacés pour pouvoir mettre en place les tubulures en plastique qui remplacent les anciens tuyaux de plomb. Ces tubulures transmettent le "signal" des notes entre les relais électropneumatiques et les sommiers, depuis que l'orgue a été converti de pneumatique tubulaire à électropneumatique en 1951. 

C'est un travail méticuleux, car il ne faut pas intervertir les commandes de notes, et il faut bien s'assurer que chaque tube est correctement collé pour éviter les fuites, qui ralentiraient le temps de réaction du système.

Sommier du Great posé verticalement pour faciliter le travail.

Tubulures installées côté sommier.

Tubulures raccordées côté relais électropneumatique.


En parallèle, les tubulures reliant les tuyaux d'Open Diapason 16 de pédale et les 23 tuyaux de basse du Double Open Diapason 16 du Great sont aussi réalisées.

Relais électropneumatique prêt à être installé dans l'orgue et relié
aux sommiers des jeux de 16' ouverts.

L'étape suivante est le tubage du sommier du Swell. Une fois ces relais terminés, les sommiers seront réinstallés, et les systèmes anti-secousses mis en place. Des rondelles de feutre spécial pourront alors être collées sur les sommiers, une autour de chaque trou de tuyau. Ceci pour assurer une meilleure étanchéité au fil des saisons et des changements d'hygrométrie.



dimanche 5 décembre 2021

Les archives parlent 5 : le devis de Cavaillé-Coll

 Dans les registres de correspondance d'Aristide Cavaillé-Coll (1811-1899, le plus prestigieux facteur d'orgues de France, et parmi les plus prestigieux au monde), on trouve une esquisse de lettre datée du 8 janvier 1855 et adressée à un certain Ch. Lemaire de St Affrique. S'agissait-il du maire (erreur de recopiage), d'un Charles Lemaire, ou d'un chanoine Lemaire, nous ne le savons pas pour le moment.

Celle-ci devait accompagner un devis pour des travaux sur l'orgue, mais il n'a pas été donné suite, probablement faute de moyens financiers.

Entrée du répertoire des correspondance d'Aristide Cavaillé-Coll
en date du 8 janvier 1855
 

On constate qu'il est question d'effectuer un relevage de l'orgue construit par Moitessier en 1843, et d'en changer les pompes. Étaient-elles déjà défaillantes (rats, humidité ?) ou mal dimensionnées et trop petites ?

Il est aussi question d'y ajouter une pédale de quatre jeux, et une trompette en chamade de deux octaves et demie (30 notes).

Ces deux derniers points soulèvent quelques questions :

- l'orgue n'avait-il pas de jeux de pédale indépendants à l'origine ?
- était-il insuffisant pour remplir l'église, pourtant modeste en taille ?

En effet, l'ajout d'une chamade, procédé courant en Espagne, mais rare en France à cette période, suggère la recherche de plus de puissance dans la nef. Et l'ajout de jeux de pédale suit aussi cette tendance. Peut-être l'orgue a-t-il été livré sans jeux de pédale, en remettant à plus tard leur installation ?

Il n'y a pour le moment aucun moyen de le savoir. La grande majorité des tuyaux de bois de l'orgue ont été reconstruits soit par Maucourt soit par Jacquot-Jeanpierre, il n'y a donc plus trace de jeux de pédale qui remontent à Moitessier.

dimanche 18 avril 2021

Les travaux avancent (3)

 Les travaux avancent, et une étape majeure vient d'être franchie : les sommiers principaux de l'orgue ont été restaurés et réinstallés hier !

Mais revenons un peu en arrière.
Après réception du sommier du Choir, les bénévoles ont commencé à réparer, repeindre et remonter la boîte expressive qui entoure les tuyaux de ce clavier, pour en varier l'intensité.

Boîte expressive du Choir remontée avant réparation et remise en peinture.

Après quelques semaines de travail délicat d'autant plus que les murs anciens ne sont pas droits, et qu'il faut prendre garde à ne pas endommager le sommier fraîchement restauré, le résultat est là : l'arrière est arrimé au mur, ajusté sur le sommier, et les côtés et le toit de la boîte sont remontés. La façade sera installée ultérieurement, pour des raisons pratiques.

Boîte expressive du Choir mise en place.

Pendant ce temps, Nicolas Lanaspèze terminait la restauration des deux gros sommiers, Great (huit jeux) et Swell (neuf jeux). Après cent hivers surchauffés, dans une atmosphère déjà décrite comme beaucoup trop sèche par le facteur d'orgues ayant fait les travaux d'agrandissement en 1951, ceux-ci présentaient un certain nombre de fissures à leur surface, et quelques barrages décollés. Malgré tout, vu les conditions hygrométriques, ils n'avaient pas si mal vieilli.
Les fentes ont été flipotées, les barrages recollés, les soupapes regarnies, les barrages recouverts de toile "buckram" typique de la facture britannique du XIX° siècle, et le tout remonté et testé.

Partie supérieure du sommier : la table.

Table supérieure du Swell avant restauration.

Exemple de fentes dans la table.

Table nettoyée et aplanie.

Fentes en cours de flipotage
(les tranchées sont comblées avec de petites pièces de bois)

 

Partie inférieure du sommier : les barrages et les soupapes.

Dessous du sommier au démontage.
On peut voir les soupapes en place,
et les barrages recouverts de buckram noir.

Les soupapes ont été démontées et le buckram décapé.
On appelle "grille" du sommier l'ensemble des barrages
et la ceinture de bois qui les entoure et les maintient en place.



Soupape démontée, détail de la "queue"
en peau collée au sommier
et qui fait office de charnière.

Grille du sommier aplanie.


Nouveau buckram en place, ainsi que la grande traverse
et les pointes qui guident les soupapes .



Soupapes remontées, avec les tiges de laiton qui les actionnent,
reliées à l'étage inférieur aux moteurs de soupapes.

En parallèle, le système de traction pneumatique a été restauré par Gabriel Nencioli, d'Auvillar. Les peaux extrêmement fines (0,1 ou 0,2 mm) utilisées pour les centaines de petits soufflets (ou "moteurs") pneumatiques étaient arrivées en fin de vie, devenues très fragiles, et se déchirant à la moindre sollicitation.

Système pneumatique avant démontage de l'orgue. Petits moteurs "primaires" au premier plan.

Tous les moteurs ont été démontés en ramollissant la colle à chaud à l'aide de vapeur d'eau. Une fois les mesures prises toutes les vieilles peaux ont été décapées, les résidus de colle nettoyés.

Décollage des moteurs de soupapes.

Démontage des moteurs primaires.
Nettoyage à la vapeur du joint-support des moteurs de soupapes.

Moteurs décollés, avant nettoyage.

Les vieilles peaux sont ôtées, puis les restes de colle nettoyés.

Nettoyage des moteurs primaires.
Réfection des garnitures d'oeillets.


Le joint des moteurs de soupapes est refait à neuf.


Réfection des charnières des moteurs primaires.

Réfection des moteurs de soupapes.

Collage des moteurs de soupapes restaurés.

Système remonté.

Système pneumatique prêt à être réinstallé sous le sommier.


Chacun des 244 moteurs a été remis en peau comme à l'origine.




On peut observer deux types de moteurs. Les petits moteurs, dits moteurs primaires, ont une charnière et un bras de levier à un bout. Lorsqu'une note est jouée, le système électropneumatique envoie de l'air sous pression dans le petit moteur correspondant à la note et au clavier joués. Celui-ci se gonfle, et pousse vers le bas la double soupape ronde qu'on l'on aperçoit sur certaines photos. La soupape se ferme donc du côté de la pression, et s'ouvre du côté de l'atmosphère. Elle met alors l'intérieur du grand moteur, ou moteur de soupape, en communication avec l'atmosphère, et la pression écrase ce grand moteur, qui tire la soupape au-dessus de lui.
Lorsqu'on relâche la note, la pression diminue dans le petit moteur, qui est équipé d'une fuite calibrée. Le petit moteur est écrasé, et le bras de levier remonte. Le grand moteur est alors remis en communication avec la pression, et remonte grâce au ressort de la soupape au-dessus. Et le système est prêt pour rejouer une note. Le schéma suivant illustre ce type de traction, avec cependant un étage supplémentaire en amont, qui a été remplacé sur l'orgue de St Affrique par une alimentation électropneumatique.


Schémas d'une traction "à dépression" de type Norman & Beard.
Sur l'orgue de St Affrique, le petit moteur en bas à gauche a été supprimé
et un relai électropneumatique alimente directement
le petit moteur au milieu à droite en air sous pression.

Ainsi restaurés, les sommiers et leur traction pneumatique sont parés pour leur nouvelle vie.

Vendredi dernier, les sommiers ont été rapportés par Nicolas, montés en tribune avec les bénévoles et installés sur la structure porteuse. Il attendent à présent leur raccordement aux soufflets, et l'installation de rondelles de tissu spécial autour de chaque trou de tuyau pour assurer une étanchéité optimale.

Ascension du sommier du Swell
Sommiers du Great (vers  la rambarde) et du Swell (premier plan) installés.

 
Mais c'est encore une autre histoire.